par CFB STUDIO
Par Owen Mukendi - 10 min de lecture
En résumé
Un Silk Press ne commence pas au moment du passage des plaques. Le diagnostic, le nettoyage, le soin, le brushing, le lissage et les finitions participent tous au résultat final.
L'objectif n'est donc pas simplement de connaître les étapes dans le bon ordre, mais de comprendre le rôle de chacune d'elles et la manière dont elles influencent les suivantes.
Quand on apprend le Silk Press, on cherche souvent la technique parfaite
Quel shampoing utiliser ?
Quel soin ?
Quelle brosse ?
Quel sèche-cheveux ?
Quel lisseur ?
Et surtout :
Quelle température utiliser pour avoir les cheveux parfaitement lisses ?
Ce sont des questions que je me suis moi-même posées pendant longtemps.
J'ai testé des produits, changé de matériel, regardé énormément de vidéos et essayé de reproduire les techniques d'autres coiffeuses.
Avec l'idée qu'à un moment, j'allais forcément trouver la combinaison parfaite.
Mais avec l'expérience, j'ai compris quelque chose :
il n'existe pas une succession de produits et de gestes que l'on peut reproduire mécaniquement sur toutes les clientes pour garantir le même résultat.
Faire un Silk Press, ce n'est donc pas simplement connaître une recette.
C'est comprendre ce que l'on cherche à obtenir à chaque étape.
Avant les étapes : qu'est-ce qu'on cherche à construire ?
Avant même de parler de shampoing, de brushing ou de lissage, il faut savoir où l'on va.
Dans mon approche, un Silk Press réussi repose sur cinq critères :
le lisse, la souplesse, le mouvement, la tenue et le respect de la fibre.
Cela change complètement la manière d'aborder la prestation.
Parce que si mon seul objectif est :
« Je veux que ce soit le plus lisse possible. »
je risque de prendre mes décisions uniquement en fonction du résultat visuel immédiat.
Alors que si je recherche également de la souplesse, du mouvement et le respect de la fibre, je dois réfléchir à l'ensemble du processus.
→ À lire également : Pourquoi un Silk Press réussi ne se résume pas à des cheveux lisses ?
Étape 1 — Le diagnostic : comprendre avant de commencer
Pour moi, le Silk Press commence ici.
Pas au shampoing
Et encore moins au passage des plaques.
Avant de choisir mes produits ou ma température, je veux savoir sur quel cheveu je vais travailler.
J'observe notamment l'état des longueurs et des pointes, l'historique chimique et thermique, les habitudes de coiffage et le résultat recherché par la cliente.
Je pose également des questions.
À quelle fréquence utilise-t-elle de la chaleur ?
A-t-elle récemment réalisé une coloration ou un autre traitement chimique ?
Comment entretient-elle ses cheveux ?
Quand les pointes ont-elles été coupées pour la dernière fois ?
Parce que deux clientes peuvent toutes les deux demander un Silk Press et nécessiter deux prises en charge différentes.
La texture apporte une information.
Elle ne raconte pas toute l'histoire du cheveu.
Étape 2 — Le démêlage : préparer sans compromettre la fibre
Le démêlage peut sembler être une simple étape préparatoire.
Pourtant, sur des cheveux bouclés, frisés ou crépus, la manipulation de la fibre mérite une véritable attention.
L'objectif n'est pas simplement d'arriver à faire passer un peigne.
Je cherche à rendre le cheveu suffisamment maniable pour poursuivre la prestation tout en limitant les manipulations inutiles.
Et c'est déjà là que commence une logique importante du Silk Press :
Chaque étape doit faciliter la suivante, pas créer un nouveau problème à corriger.
Étape 3 — Le shampoing : créer une bonne base
Le shampoing n'est pas simplement l'étape où l'on « lave les cheveux ».
Dans un Silk Press, je cherche à obtenir une base propre et correctement préparée pour la suite de la prestation.
Un cheveu chargé en résidus, en huiles ou en produits peut se comporter différemment pendant les étapes suivantes.
C'est donc ici que le diagnostic continue d'avoir son importance.
Je ne choisis pas nécessairement un shampoing parce qu'il est « spécial Silk Press ».
Je le choisis en fonction du cheveu que j'ai devant moi et de ce que je cherche à préparer.
Étape 4 — Le soin : apporter ce dont le cheveu a réellement besoin
C'est une étape où il est facile de tomber dans une logique automatique :
cheveux crépus = cheveux secs = soin très riche.
Mais ce raisonnement peut être trop simpliste.
Un cheveu qui paraît sec n'a pas nécessairement besoin que l'on accumule les produits les plus riches possibles.
Le choix du soin doit revenir au diagnostic.
Qu'est-ce que j'ai observé ?
Comment la fibre se comporte-t-elle ?
Quel est son historique ?
Et surtout : qu'est-ce que je cherche à obtenir pour préparer les étapes suivantes ?
Le soin fait partie du Silk Press.
Il ne doit pas être pensé indépendamment du résultat final.
Étape 5 — Le séchage : préparer le cheveu au travail thermique
Avant le brushing, il y a déjà une phase de préparation.
Là encore, mon objectif n'est pas simplement de « sécher les cheveux ».
Je cherche à préparer la fibre pour pouvoir travailler ensuite de manière plus précise.
Et c'est aussi à partir de ce moment que la gestion de la chaleur devient particulièrement importante.
Les appareils chauffants sont des outils.
La chaleur n'est pas l'objectif de la prestation.
Elle est un moyen technique permettant d'obtenir un résultat.
Étape 6 — Le brushing : construire la base lisse
Pour moi, c'est l'une des étapes les plus importantes du Silk Press.
Et pourtant, lorsqu'un Silk Press n'est pas suffisamment lisse, le premier réflexe est souvent de remettre en question...
le lisseur.
Ou sa température.
Alors que le problème peut avoir commencé avant.
Le brushing permet déjà d'étirer la fibre et de construire une base lisse avant le passage des plaques.
Plus cette base est maîtrisée, moins les plaques ont besoin de « rattraper » le travail.
C'est pourquoi je répète souvent :
Les plaques finalisent le travail. Elles ne devraient pas avoir à rattraper les étapes précédentes.
Si le cheveu est encore très gonflé ou insuffisamment travaillé après le brushing, augmenter immédiatement la température du lisseur n'est pas forcément la première question à se poser.
La première pourrait plutôt être :
« Qu'est-ce qui s'est passé avant ? »
Étape 7 — Le lissage : finaliser avec précision
Nous arrivons enfin à l'étape que l'on associe le plus au Silk Press.
Mais à ce stade, une grande partie du résultat devrait déjà avoir été préparée.
Le lissage vient apporter la finition recherchée.
C'est ici qu'interviennent notamment la taille des sections, la tension, le geste, l'appareil utilisé, la température et le nombre de passages.
Et c'est précisément pour cette raison que je ne crois pas à une température universelle du type :
« Sur cheveux crépus, il faut utiliser X degrés. »
La bonne question est plutôt :
De quelle température ai-je réellement besoin pour obtenir le résultat recherché sur ce cheveu ?
Cela demande de revenir encore une fois au diagnostic et à tout ce que l'on a observé pendant les étapes précédentes.
Étape 8 — Les pointes : un détail qui peut changer tout le résultat
Il arrive qu'un Silk Press soit relativement lisse sur les longueurs mais que les pointes restent gonflées, rêches ou donnent au résultat une apparence moins fluide.
Le réflexe peut être de repasser les plaques.
Encore.
Et parfois encore.
Alors que le problème n'est pas nécessairement un manque de lissage.
L'état des pointes peut simplement compromettre le rendu final.
C'est pourquoi leur observation fait également partie de la prestation.
Une finition réussie ne consiste pas à forcer toutes les parties du cheveu à réagir de la même manière.
Elle consiste aussi à comprendre ce que l'on est réellement en train d'observer.
Étape 9 — Le coiffage et le wrap : préserver ce que l'on vient de construire
La prestation ne s'arrête pas lorsque l'on débranche le lisseur.
Le coiffage permet de finaliser le mouvement et la forme.
Le wrap peut ensuite participer à la préservation du résultat.
Mais surtout, c'est le moment d'expliquer à la cliente comment entretenir son Silk Press.
Parce que la tenue dépend aussi de ce qui se passe après le salon : humidité, transpiration, douche, nuit, activité physique et habitudes d'entretien peuvent influencer le résultat.
C'est justement là que je veux apporter une nuance.
Il existe évidemment des étapes et des principes techniques à maîtriser.
Mais maîtriser un Silk Press ne signifie pas apprendre une recette et la reproduire exactement de la même manière sur chaque cliente.
C'est apprendre à faire quelque chose de beaucoup plus important :
observer → comprendre → décider → exécuter → évaluer.
Une professionnelle qui comprend pourquoi elle réalise chaque étape peut progressivement apprendre à adapter son protocole.
Une professionnelle qui connaît uniquement une succession de gestes risque d'être beaucoup plus en difficulté lorsque le cheveu devant elle ne réagit pas comme prévu.
Et c'est souvent dans ces situations que l'on commence à multiplier les produits, les passages ou la chaleur pour essayer de récupérer le résultat.
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Les effets de la chaleur dépendent des conditions d'exposition et que certaines conditions thermiques peuvent entraîner des altérations de la cuticule ou de la fibre.
Ce qu'il faut retenir
Faire un Silk Press ne consiste pas simplement à :
laver → sécher → lisser.
Le résultat se construit progressivement.
Le diagnostic permet de comprendre.
Le shampoing et le soin préparent.
Le brushing construit la base.
Les plaques finalisent.
Les finitions affinent le résultat.
L'entretien aide à le préserver.
Et surtout :
Chaque étape prépare la suivante.
Plus on comprend le rôle de chaque étape, moins on a besoin de travailler au hasard ou de chercher à rattraper le résultat à la fin.
C'est cette compréhension qui permet progressivement de passer de :
« Je sais reproduire un Silk Press »
à :
« Je sais construire un Silk Press en fonction du cheveu que j'ai devant moi. »
Pour aller plus loin
C'est exactement cette logique que j'enseigne dans Silk Press Master.
La formation reprend l'ensemble du processus : démêlage, shampoing, soin, brushing, lissage, coupe des pointes, coiffage, wrap et résolution des problèmes les plus fréquents.
Mais mon objectif n'est pas simplement de vous montrer quoi faire.
Je veux surtout vous aider à comprendre quand le faire, comment le faire et pourquoi vous le faites, afin de devenir progressivement plus autonome dans votre pratique.
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