par CFB STUDIO
Par Owen Mukendi - 9 min de lecture
Pourquoi un Silk Press réussi ne se résume pas à des cheveux lisses ?
Lorsqu’on regarde un Silk Press, le premier réflexe est souvent d’observer une chose : est-ce que les cheveux sont bien lisses ?
Sur les réseaux sociaux, les transformations sont parfois spectaculaires. En quelques secondes, on voit des cheveux crépus, frisés ou bouclés devenir parfaitement lisses.
Le niveau de lissage devient alors facilement le principal critère utilisé pour juger le résultat.
Pourtant, des cheveux très lisses ne signifient pas nécessairement qu’un Silk Press est réussi.
Le résultat final ne nous dit pas tout.
Il ne nous dit pas comment le cheveu a été préparé, quelle température a été utilisée, combien de passages ont été nécessaires ou encore si la technique a été adaptée à l’état réel de la fibre.
Pour comprendre ce qui fait réellement la qualité d’un Silk Press, commençons donc par définir cette technique.
Qu’est-ce qu’un Silk Press ?
Le nom Silk Press nous donne déjà une indication sur le résultat recherché.
“Silk” signifie “soie”.
Le terme évoque cet aspect soyeux, fluide et brillant que l’on recherche dans le résultat final.
“Press” renvoie au pressage et au lissage thermique du cheveu, dans la continuité des techniques de hair pressing. Il fait référence au travail qui permet d’étirer puis de lisser temporairement la fibre grâce à la chaleur.
Le Silk Press est donc une technique de lissage thermique principalement pratiquée sur les cheveux naturellement bouclés, frisés ou crépus, permettant d’obtenir temporairement un résultat lisse sans recourir à un procédé chimique destiné à modifier durablement la structure du cheveu.
Mais le mot “silk” est important.
L’objectif n’est pas simplement d’obtenir un cheveu extrêmement raide.
On recherche également un cheveu soyeux, souple, fluide et mobile.
Et pour obtenir ce résultat, le travail ne commence pas avec les plaques.
Il commence bien avant.
Pourquoi associe-t-on autant le Silk Press aux cheveux très lisses ?
Parce que c’est la transformation la plus visible.
Sur une photo avant/après, le contraste entre la texture naturelle et le résultat lissé attire immédiatement le regard.
Mais lorsqu’on est professionnelle, observer uniquement le résultat visuel ne suffit pas.
Prenons deux clientes dont les cheveux paraissent parfaitement lisses à la fin de leur prestation.
Pour la première, le cheveu a été correctement préparé, le brushing a créé une bonne base et les plaques sont simplement venues finaliser le résultat.
Pour la seconde, le brushing était insuffisant et la professionnelle a tenté de compenser avec davantage de chaleur ou plusieurs passages.
Visuellement, les deux résultats peuvent sembler similaires.
Techniquement, ils ne racontent pourtant pas la même histoire.
C’est là qu’il devient nécessaire de distinguer un résultat lisse d’un Silk Press techniquement maîtrisé.
Comment reconnaître un Silk Press réussi ?
Dans ma pratique professionnelle, je ne juge pas la réussite d’un Silk Press uniquement à son niveau de lissage.
Au fil de mon expérience sur les cheveux texturés, j’ai construit mon propre référentiel autour de cinq critères.
Il s’agit de ma grille d’évaluation professionnelle, construite à partir de ma pratique et de mes observations. Ce n’est pas une classification scientifique.
1. Le lisse
Bien sûr, le lissage compte.
Le résultat doit être homogène et correspondre à ce qui a été défini avec la cliente.
Mais pour moi, le lisse n’est que le premier critère.
2. La souplesse
Je recherche également un cheveu qui conserve de la souplesse.
Le résultat ne doit pas donner cette sensation de cheveu excessivement rigide ou figé.
3. Le mouvement
C’est l’un des critères auxquels j’accorde le plus d’importance.
Lorsque la cliente bouge la tête ou que l’on manipule ses longueurs, je recherche un cheveu capable d’accompagner naturellement le mouvement.
Et ce mouvement ne se crée pas uniquement avec le passage des plaques.
Il dépend également de tout le travail réalisé auparavant.
4. La tenue
Un Silk Press ne doit pas seulement être beau au moment où la cliente quitte le fauteuil.
Je m’intéresse également à sa tenue.
Celle-ci peut être influencée par différents éléments : la préparation du cheveu, la technique utilisée, l’humidité, l’activité de la cliente ou encore son entretien à domicile.
5. Le respect de la fibre
Enfin, il y a pour moi un critère essentiel : le respect de la fibre capillaire.
Parce qu’un résultat peut être extrêmement lisse et visuellement impressionnant tout en ayant nécessité une exposition importante à la chaleur.
L’objectif n’est donc pas d’obtenir le résultat le plus lisse possible à n’importe quel prix.
Il est d’obtenir le résultat recherché sans exposer inutilement la fibre à davantage de chaleur.
Un Silk Press très lisse peut-il malgré tout être mal exécuté ?
Oui.
Et c’est justement l’une des limites du résultat avant/après : la photo finale ne permet pas toujours de savoir comment le résultat a été obtenu.
Certaines erreurs peuvent malgré tout aboutir à un cheveu très lisse :
choisir la température par habitude, se fier uniquement à la texture, travailler avec des sections trop grandes, multiplier les passages, rester trop longtemps sur une même zone ou essayer de compenser un brushing insuffisant avec les plaques.
Le résultat peut être beau. Cela ne signifie pas nécessairement que la méthode utilisée était la plus adaptée.
C’est pour cette raison que j’aime rappeler :
Plus chaud ne veut pas dire plus professionnel.
La question n’est pas :
« Jusqu’à quelle température puis-je monter ? »
Mais plutôt :
« De quoi ce cheveu a-t-il réellement besoin pour obtenir le résultat recherché ? »
Pourquoi un Silk Press se construit-il avant le passage des plaques ?
Lorsqu’on pense au Silk Press, on pense facilement au fer à lisser.
Pourtant, dans ma pratique, les plaques ne construisent pas à elles seules le résultat.
Elles finalisent un travail commencé bien avant.
Le diagnostic permet d’abord de comprendre le cheveu sur lequel nous allons travailler.
Puis viennent les différentes étapes de préparation : le démêlage, le shampoing, le soin, le séchage et surtout le brushing.
Chaque étape prépare la suivante.
Un brushing maîtrisé permet déjà de créer une base lisse et de préparer le cheveu à la finition.
Les plaques ne devraient donc pas avoir pour fonction de compenser tout ce qui n’a pas été suffisamment travaillé auparavant.
Les plaques finalisent le travail. Elles ne devraient pas avoir à rattraper les étapes précédentes.
Pourquoi le diagnostic est-il important avant un Silk Press ?
Parce que même prestation ne signifie pas même cheveu.
Deux clientes peuvent entrer dans un salon et demander exactement la même chose :
« Je voudrais un Silk Press. »
La première peut avoir des longueurs relativement saines et utiliser rarement des appareils chauffants.
La seconde peut présenter de la casse, des pointes abîmées ou avoir l’habitude de se lisser régulièrement les cheveux.
Une autre peut avoir un historique de traitements chimiques.
La prestation demandée est identique.
Les cheveux ne le sont pas.
Le protocole ne devrait donc pas être automatiquement identique.
Avant de décider comment je vais travailler, je cherche d’abord à comprendre le cheveu.
J’observe.
Je touche.
Je questionne.
Quel est son historique ?
À quelle fréquence la cliente utilise-t-elle de la chaleur ?
Quels traitements ont été réalisés auparavant ?
Comment entretient-elle ses cheveux ?
Dans quel état sont les longueurs et les pointes ?
Quel résultat recherche-t-elle réellement ?
Ces informations permettent ensuite de prendre des décisions techniques plus réfléchies.
La texture est une information importante.
Mais elle ne raconte pas toute l’histoire du cheveu.
Les cheveux bouclés, frisés et crépus présentent une grande diversité de formes et de propriétés.
Une revue scientifique publiée en 2019 consacrée aux cheveux bouclés montre notamment la complexité des mécanismes impliqués dans la forme et les propriétés de ces fibres.
C’est aussi pour cette raison que, dans la pratique professionnelle, connaître uniquement la catégorie de texture d’une cliente ne permet pas de connaître toute l’histoire de son cheveu.
Deux personnes présentant visuellement une texture similaire peuvent avoir des historiques, des niveaux de fragilité, des habitudes et des besoins différents.
La texture nous apporte une information.
L’observation complète le diagnostic.
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C’est ici qu’il est important de distinguer mon expérience professionnelle de ce qui a réellement été étudié scientifiquement.
Les études que nous allons citer ne portent pas sur l’intégralité d’un protocole de Silk Press.
Elles permettent en revanche de mieux comprendre certains effets de l’exposition thermique sur la fibre capillaire.
Une étude publiée en 2011 dans Annals of Dermatology a comparé des mèches de cheveux soumises de manière répétée à différentes conditions de séchage au sèche-cheveux.
Dans les conditions expérimentales de cette étude, les auteurs ont observé que les dommages à la surface du cheveu augmentaient avec la température, avec davantage d’altérations de la cuticule dans certaines conditions de chaleur élevée.
Une autre étude, publiée par Ruetsch et Kamath, s’est intéressée aux effets de traitements thermiques réalisés avec un fer à boucler.
Les chercheurs ont observé différentes altérations de la fibre selon les conditions expérimentales, notamment en fonction de paramètres tels que l’état humide ou sec du cheveu, la durée du traitement et la répétition de l’exposition.
Ces recherches ne nous donnent donc pas une « température idéale du Silk Press » applicable à toutes les clientes.
Et cette nuance est essentielle.
Elles montrent plutôt que la chaleur constitue un paramètre technique dont les effets sur la fibre dépendent notamment des conditions dans lesquelles elle est utilisée.
Autrement dit :
La chaleur doit être maîtrisée, pas simplement maximisée.
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Finalement, demander :
« Est-ce suffisamment lisse ? » ne devrait être qu’une partie de l’évaluation.
Personnellement, je préfère regarder l’ensemble :
Est-ce lisse ?
Est-ce souple ?
Est-ce que le cheveu conserve du mouvement ?
Comment le résultat va-t-il tenir ?
Et surtout : ai-je respecté la fibre ?
Ce changement de regard peut sembler simple.
Pourtant, il permet progressivement de sortir d’une technique appliquée au feeling pour entrer dans une pratique dans laquelle chaque décision technique a une raison.
Questions fréquentes sur le Silk Press
Quelle est la différence entre un Silk Press et un défrisage ?
Le défrisage utilise un procédé chimique destiné à modifier durablement la structure du cheveu afin de le rendre plus lisse. Le Silk Press repose sur une mise en forme thermique et produit un résultat temporaire. Il ne recherche pas une modification chimique permanente de la structure du cheveu.
Le Silk Press est-il adapté aux cheveux crépus ?
Le Silk Press est notamment pratiqué sur les cheveux naturellement crépus, frisés ou bouclés.
Cela ne signifie cependant pas que toutes les clientes doivent recevoir exactement le même protocole. L’état de la fibre, l’historique capillaire et le résultat recherché doivent également être pris en compte.
Est-ce qu’un Silk Press abîme les cheveux ?
Le Silk Press implique l’utilisation de chaleur.
Les recherches disponibles sur la fibre capillaire montrent que certaines conditions d’exposition thermique peuvent provoquer des altérations du cheveu. Il serait donc incorrect d’affirmer qu’une technique utilisant de la chaleur présente systématiquement zéro risque.
L’enjeu professionnel est plutôt de maîtriser cette exposition et d’éviter la chaleur inutile.
Quelle température utiliser pour réaliser un Silk Press ?
Il n’existe pas une température universelle qui conviendrait à tous les cheveux.
L’état de la fibre, son historique, les appareils utilisés et le résultat recherché doivent notamment être considérés.
C’est pourquoi choisir systématiquement une température uniquement à partir de la texture — par exemple « cheveux crépus = telle température » — est une approche que je ne recommande pas.
Combien de temps tient un Silk Press ?
Il n’existe pas une durée identique pour toutes les clientes.
La tenue peut notamment varier selon les caractéristiques du cheveu, l’humidité, l’activité physique, l’exposition à l’eau ou à la vapeur et la manière dont les cheveux sont entretenus.
Ce qu'il faut retenir
Le Silk Press est une technique de lissage thermique principalement pratiquée sur les cheveux texturés permettant d’obtenir temporairement un résultat lisse sans recourir à une transformation chimique permanente.
Son nom nous rappelle déjà une partie de ce que l’on recherche :
Silk — “soie” : un résultat soyeux, fluide et brillant.
Press : le pressage et le lissage thermique du cheveu.
Mais un Silk Press réussi ne se résume pas à des cheveux très lisses.
Dans mon référentiel professionnel, j’observe cinq éléments :
Le lisse.
La souplesse.
Le mouvement.
La tenue.
Le respect de la fibre.
Et surtout, je garde en tête un principe :
Le résultat se construit avant les plaques.
Observer le cheveu, comprendre son historique et adapter sa technique permettent de ne plus chercher simplement à obtenir « du lisse », mais à construire une prestation cohérente avec le cheveu que l’on a devant soi.
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